La lucidité d’Andreas Jurt et les obsessions d’Yvan Perrin

De 2015 à 2019, la droite neuchâteloise a été représentée au Conseil national par deux élus très conservateurs dans leur propre parti : Philippe Bauer et Raymond Clottu. La situation pourrait changer un peu ou radicalement. Le PLR Andreas Jurt, par ses propositions lucides, a de meilleures chances que certains medias ne l’estiment. Quant à Yvan Perrin, il est en ce moment plongé dans une idéologie obsessionnelle qui pourrait mobiliser la gauche pour se débarrasser à moyen terme de l’UDC et de son chef, à la pensée d’extrême droite patente et inquiétante.

Le PLR gardera son siège et les medias pensent que la partie est gagnée pour Damien Cottier. Son omniprésence sur les réseaux sociaux et sa carte de visite d’ancien conseiller de Didier Burkhalter sont d’indéniables atouts. Mais comme le dit Le Temps d’aujourd’hui, « L’ancien bras droit de Didier Burkhalter, Damien Cottier, devrait succéder à Philippe Bauer, mais son activisme provoque quelques irritations et le Chaux-de-Fonnier Andreas Jurt se tient en embuscade.« 

Personnellement j’aime lire (plus qu’entendre ou voir) ce que les hommes ou femmes politiques ont à dire. Damien Cottier publie beaucoup d’images de lui et des slogans libéraux-radicaux mais je n’ai pas encore trouvé sous sa plume beaucoup de textes argumentés défendant ses idées politiques profondes.

Dans mon roman, Dario, Damien Cottier, est opposé à André, Andreas Jurt ( » Au PLR, Dario devance de très peu André, mais sans les résultats du chef-lieu. Jeanne-Sofia connaît bien le député bilingue chaux-de-fonnier, docteur en management et consultant qui se bat comme un lion pour les PME de l’Arc jurassien. Elle n’a par contre jamais rencontré Dario, l’ex-collaborateur personnel de l’ancien conseiller fédéral neuchâtelois. Sauf sur Facebook. « )

Andreas Jurt n’est plus banquier, comme l’affirme Arcinfo mercredi 19 septembre. Sa nouvelle activité le rend plus libre ou disponible pour argumenter. J’ai été impressionné par son dernier article, paru sur Facebook, sur l’éducation et la formation. Le voici avec des passages importants soulignés.

 » La Suisse dispose d’une seule et véritable matière première : « la matière grise » en termes de savoirs et de compétences. Les derniers sondages PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) montrent que la Suisse perd du terrain quant au niveau d’éducation par rapport à d’autres pays. En 2016, la Suisse était loin du podium, au 18ème rang.

𝐄𝐝𝐮𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐛𝐚𝐬𝐞 : Bien que la compétence soit cantonale pour l’école obligatoire, je suis en faveur d’une augmentation de la pondération dans la péréquation fédérale pour ce critère sociodémographique. Les cantons et les communes n’ont pas tous les même moyens financiers pour assurer un suivi approprié et équitable. Dans ce domaine, Neuchâtel est clairement pénalisé. La Finlande figure au 5ème rang PISA. Pourquoi ? Ils sélectionnent le plus tard possible et les élèves à éducation particulière (BEP) ne sont pas laissés pour compte. Si la situation l’exige, il y a deux professeurs par classe. Pour couronner le tout, les devoirs sont aussi bien préparés et expliqués en classe. Ne pas investir suffisamment dans ce capital humain au début du parcours impliquera des coûts économiques et sociaux au moment de l’entrée dans la vie professionnelle. C’est un mauvais calcul !

𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐞𝐭 𝐥’𝐢𝐧𝐧𝐨𝐯𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : Neuchâtel peut se targuer, en Suisse, d’un excellent ratio en matière de brevet par habitant. Continuons à solliciter des fonds publics et privés pour ne pas perdre cet avantage concurrentiel unique. La formation post-obligatoire est financée à hauteur de 25 % par la Confédération et la recherche jusqu’à 50 %. Je suis conscient de l’importance – indépendamment du vote sur l’accord institutionnel avec l’Union Européenne – de chercher constamment des projets de recherche collaboratifs et internationaux (Europe, Etats-Unis et Asie). Avec une politique de migration adaptée, attirons les meilleurs talents en la matière. Ne soyons pas « sectaires ». Ceci crée une dynamique positive. La Suisse manque d’environ 20’000 ingénieurs pour transformer des idées prometteuses en production et pour ensuite les commercialiser.

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐫 ? Les cycles conjoncturels existent et la prochaine récession pointe son nez ! Sera-t-elle plus grave que celle de 2008 ? Je le crains et je ne suis pas le seul. La BNS a tiré toutes ses cartouches et il ne faut pas surestimer son pouvoir d’action, ni croire qu’elle détient le pouvoir de faire des miracles. Ce n’est pas son rôle, ni matériellement ni juridiquement. Si un ralentissement économique – avec le risque d’une augmentation du chômage – se réalise, il faut avoir préparé un plan B. Grâce au respect du frein à l’endettement et à une gestion saine des deniers publics, la Confédération peut s’appuyer sur un taux d’endettement de 30 % environ par rapport au PIB (en Italie c’est 133 %, en France 96 %). En tenant compte des taux d’intérêts négatifs, elle peut prendre des risques et emprunter pour innover et sauver les emplois.

𝐅𝐮𝐭𝐮𝐫 : Prévenir et combattre : Rappelons-nous du message du Conseil fédéral du 12 janvier 1973: l’intervention de la Confédération est «indispensable». «L’actuel article 31 quinquies de la constitution donne mandat à la Confédération de prévenir des crises et le chômage. En cas de surexpansion économique, alors qu’il s’agit d’assurer la stabilité intérieure des prix, les bases juridiques sont insuffisantes au plus haut point. A la lumière des expériences faites durant la période d’après-guerre et de la récente évolution, comme aussi d’interventions parlementaires, nous estimons qu’il est indispensable qu’un article conjoncturel élargi autorise la Confédération à prendre des mesures visant à prévenir et à combattre tout à la fois le chômage et le renchérissement (Jean-Pierre Ghelfi, « les cahiers au feu », août 2019, Domaine Public). En tant que PLR ouvert aux bonnes idées des autres – d’autant plus quand on peut affirmer qu’ils/elles savent de quoi ils/elles parlent – je suis d’accord avec l’analyse de M. Ghelfi. Prenons le taureau par les cornes en préparant un plan B, au lieu de laisser nos ingénieurs et employés à la maison, car il faudra être prêt quand le train repartira.

Ce texte d’un député libéral vaut bien toutes les post Facebook des autres candidatEs de droite, avec leurs beaux sourires sur des selfies, leurs maillots bleus et leur omniprésence sur des affiches qui ont squatté le territoire avec la bénédiction des ministres PLR de la police et de l’aménagement du territoire.

Andreas Jurt pourrait ainsi parfaitement défendre le canton à Berne avec toute la persuasion nécessaire puisque sa langue maternelle est le schyzerdütsch !

 

Yvan Perrin est homme qui combat, de manière estimable, ses propres démons intérieurs. Par contre ses idées sont détestables et doivent être comprises dans leur sens profond pour être combattues.

Si mon roman met en difficulté Yves dans son débat avec Jeanne-Sofia, c’est que je crois que cet homme est obsédé par la pureté. Dans son chapitre 1, Typhons sur l’Hôtel de Ville j’imagine que le candidat UDC Yves s’exclame ainsi dans son débat avec la Verte libérale Jeanne-Sofia, allégorie de la liberté et de la sagesse:  « Madame Jeanne-Sofia, vous voulez faire, vous et tous les autres écolos, vous voulez faire de la Suisse une dictature. D’ailleurs, chère Madame, ce n’est pas étonnant que l’écologie ait trouvé ses premiers thuriféraires dans le régime nazi. »

Je m’étais inspiré du conseiller national Adrian Amstutz qui avait déclaré en juin que «le pouvoir bruxellois me rappelle l’Allemagne nazie». Le président Albert Rösti avait fait le parallèle entre le refus actuel de Berne de signer un accord-cadre négocié par ses émissaires avec la Commission européenne à «la résistance et le non-alignement» du général Guisan durant la Deuxième Guerre mondiale.

Pour Amstutz et Rösti, l’Europe est comme une entité nazie; pour Yves dans mon roman, les Verts libéraux sont comme des nazis. Pour l’UDC suisse, les partis gouvernementaux sont des vers de terre pourrissant la Suisse.

Par leur propos, réels ou inventés par moi, ces extrémistes suisses se parlent dans un miroir. Ils se renvoient à eux-mêmes, par une chemin détourné de leur inconscient, leur propre image, entachée d’impureté.

De même, obsédé par son besoin de pureté (ou de purification personnelle), Yvan Perrin fantasme sur une Suisse épurée de ses taches, de ses tares. Celles-ci sont triples : les gens de gauche, les élites culturelles et certains croyants en l’islam.

Voici ses textes tirés de la présentation qu’il fait de sa candidature sur le site de l’UDC-Neuchâtel.

Nos traditions plutôt que leurs subventions

​Samedi 24 août dernier aux aurores, la 45ème Fête fédérale de lutte s’est ouverte par la cérémonie officielle à Zoug. Dans une arène pleine à craquer, les 56’000 heureux spectateurs ont pu assister à l’entrée des meilleurs lutteurs de toute la Suisse. L’hymne national a marqué le début des passes, les colosses s’affrontant ensuite sur les sept ronds de sciure préparés à leur intention. Au terme d’une finale rapidement expédiée, la lutte a trouvé son nouveau roi en la personne du Bernois Christian Stucki. L’homme rejoint enfin ses prédécesseurs au panthéon de la lutte suisse après avoir frôlé la couronne suprême lors des éditions précédentes. Au cours de l’événement, ce sont plus de 400’000 personnes qui se sont côtoyées sur l’aire de fête pour célébrer le plus grand événement sportif du pays. Le succès croissant de la Fête fédérale de lutte montre que nos valeurs traditionnelles sont loin d’être en perte de vitesse, bien au contraire. Malgré la foule, aucun débordement, aucun engagement de police pour calmer des blacks blocs, aucune montagne de déchets sauvage, les gens sont là pour communier dans un esprit de saine compétition empreint d’amitié.
Cela ne peut que déplaire aux tenants d’une vision internationaliste, prônant la dissolution de notre pays dans le grand chaos européen. Lorsque quelque représentante de gauche proclame que la Suisse n’existe pas, elle espère avoir raison, tablant sur le fait que la jeunesse ne voudrait plus de ce qui a fait le succès de notre pays. Fort heureusement, elle est dans l’erreur et cette dernière fête l’a cruellement détrompée. Pour la gauche mais pas seulement, une telle manifestation représente tout ce qui est détestable. L’effort physique, le travail, la persévérance, l’endurance, le respect de l’adversaire constituent autant de valeurs rances émergeant d’un lointain passé dont il faut faire table rase. Face à cet engouement populaire de plus en plus vif, il faut subventionner à coups de milliards la vraie culture, celle des élites, celle des gens instruits capables d’appréhender les concepts, celle qui permet de stipendier des artistes sans talent afin de produire des œuvres sans public. La gauche fait ainsi payer la culture élitaire aux adeptes de la culture populaire, ces gueux qui n’iront jamais s’extasier devant 80 tonnes d’excréments humains apprêtés avec de la chaux et du ciment comme ce fut le cas en 2016 à Zurich.
Le 20 octobre prochain, ce sont deux visions de la Suisse qui s’affronteront. Il y aura celle de l’UDC, basée sur la liberté et la sécurité, sur le respect de nos valeurs chrétiennes et de nos traditions. Et de l’autre côté, nous trouverons celle des partisans de l’accord-cadre, de l’adhésion à Bruxelles, de la tolérance face à l’islamisme, tous hommes et femmes honteux de notre pays. Le choix sera déterminant et pour nous aider dans notre décision, citons Victor Hugo qui disait d’un petit peuple libre qu’il sera toujours plus grand qu’un grand peuple esclave.

Mon engagement, pour vous, à Berne :

Je veux aller à Berne pour promouvoir la vision d’une Suisse indépendante et neutre, fière de ses valeurs et prête à les défendre. Les défis sont nombreux. L’accord-cadre séduit tous les autres partis. Je ne peux me contenter d’une Suisse qui aurait Bruxelles pour seul horizon. La qualité, la fiabilité de nos produits séduisent le monde entier. Restreindre notre horizon à l’Union européenne, c’est manquer d’ambitions, c’est nous rendre dépendants d’un voisin malcommode voire impérialiste. Exemple, la Commission européenne travaille déjà sur le prochain durcissement de la loi sur les armes. Dans la mesure où les nouvelles dispositions n’auront aucun effet sur les djihadistes, il va de soi que Bruxelles va à nouveau serrer la vis. Les « exceptions pour la Suisse » seront supprimées et l’accès aux armes semi-automatiques, l’essentiel des armes utilisées dans nos stands, durci voire interdit. Je désire travailler à ce que notre sport, notre tradition ne soit plus remise en cause par une Union européenne incapable d’assurer la sécurité des personnes et des biens, s’en prenant aux honnêtes gens pour masquer son incurie. J’en arrive ainsi à l’islamisme qui avance sous couvert d’enrichissement culturel. En fait, les frères musulmans travaillent en collaboration avec les terroristes. Ils ont tous pour but de remplacer nos valeurs par la lapidation des femmes adultères, l’extermination des homosexuels et de tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Un futur que je veux éviter à notre pays. »

Les valeurs rances de la haine des élites, de la pureté ethnique et religieuse, les voilà sous la plume du pire extrémiste – anciennement élu – qu’ait connu le canton avec l’ancien membre du même parti, le fameux J.-C. Legrix.

Voudra-t-on encore dans notre canton ce clone de l’autre, islamophobe et haineux des élites, pour quatre ou huit ans , ou pour quelques mois seulement ?

Seuls les habituels absentionnistes, de centre-droit ou de gauche de coeur, auront la réponse. Ils ont la clé de l’élection dans leurs mains.

Et ils doivent se rappeler que Legrix fut battu à La Chaux-de-Fonds en 2016 parce que la participation électorale à cette élection communale avait augmenté de 6 points (38 au lieu de 32) par rapport à la moyenne habituelle !

 

 

2 commentaires sur “La lucidité d’Andreas Jurt et les obsessions d’Yvan Perrin

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